martes, 20 de abril de 2021

Agnus Dei

Agnus Dei

Horizon terrestre -

                                    astres de terre

des larmes et des sanglots refoulés

bouche qui crache de la terre

                                                dents molles

corps qui n'est rien de plus qu'un sac de terre

de la terre avec de la terre - de la terre avec des vers.

Âme immortelle - esprit de la terre.


Agneau de Dieu,

tu qui effaces les péchés du monde

Dis-moi combien il y a de pommes dans le paradis terrestre.


Agneau de Dieu, toi qui effaces les péchés du monde

fais moi la faveur de me dire l'heure.


Agneau de Dieu, toi qui effaces les péchés du monde

donne-moi ta laine pour me faire un pull.


Agneau de Dieu, toi qui effaces les péchés du monde

laisse nous forniquer tranquillement:

ne te mêles pas de ce moment sacré.


Nicanor Parra, Travail épais, 1969

sábado, 13 de junio de 2020

On time, by Jorge Luis Borges

Denying temporal succession, denying the 'I', denying the astronomical universe, are apparent despairs and secret consolations. Our destiny (unlike the hell of Swedenborg and the hell of Tibetan mythology) is not frightening because it is unreal; it is frightening because it is irreversible and iron-like. Time is the substance of which I am made. Time is a river that carries me, but I am the river; it is a tiger that tears me apart, but I am the tiger; it is a fire that consumes me, but I am the fire. The world, unfortunately, is real; I, unfortunately, am Borges.

Sale, mal habillé, par Roberto Bolaño

Sur le chemin des chiens, mon âme a retrouvé
mon cœur. Détruit, mais vivant,
sale, mal habillé et plein d'affection.
Sur le chemin des chiens, où personne ne veut aller.
Un chemin que seuls les poètes empruntent
quand ils n'ont plus rien à faire.
Mais j'avais encore tant de choses à faire !
Et pourtant, j'étais là : à me faire tuer
par les fourmis rouges et aussi
par les fourmis noires, parcourant les villages
Vides : la peur qui s'élevait
jusqu'à toucher les étoiles.
Un Chilien éduqué au Mexique peut tout supporter,
pensais-je, mais ce n'était pas vrai.
La nuit, mon cœur pleurait. Le fleuve de l'être, disaient-ils
des lèvres fébriles que j'ai découvert plus tard être les miennes,
le fleuve de l'être, le fleuve de l'être, l'extase
qui se replie sur les rives de ces villages abandonnés.
Invocateurs et théologiens, diseurs de bonne aventure
et bandits de grand chemin sont apparus
comme des réalités aquatiques au milieu d'une réalité métallique.
Seules la fièvre et la poésie provoquent des visions.
Seulement l'amour et la mémoire.
Pas ces routes ou ces plaines.
Pas ces labyrinthes.
Jusqu'à ce qu'enfin mon âme a retrouvé mon cœur.
Il étais malade, c'est vrai, mais il étais vivant.

miércoles, 10 de junio de 2020

Il y a d'abord la solitude, par Darío Jaramillo Agudelo


Il y a d'abord la solitude.
Dans les entrailles et au centre de l'âme:
c'est l'essence, le fait fondamental, la seule certitude;
que seule ta respiration t'accompagne,
que tu danseras toujours avec ton ombre,
que cette obscurité, c'est toi.
Ton cœur, ce fruit perplexe, n'a pas à aigrir avec ton destin solitaire;
laisse-le attendre sans espoir
puisque l’amour est un cadeau qui vient un jour de lui-même.
Mais d'abord il y a la solitude,
et tu es seul,
tu es seul avec ton péché originel - avec toi-même.
Peut-être une nuit à neuf heures
l'amour apparaît et tout explose et quelque chose s'illumine en toi,
et tu deviens un autre, moins amer, plus heureux;
mais n'oublie pas, surtout alors,
Quand l'amour vient et il te brûle
que d'abord et toujours il y a ta solitude
et puis rien
et puis, si cela arrive, il y a de l'amour

domingo, 20 de marzo de 2016

Fragmento tardío, Raymond Carver

¿Y, aún así, conseguiste
lo que querías de esta vida?
Lo hice.
¿Y qué querías?
Llamarme a mí mismo amado, sentirme
amado sobre la tierra.

miércoles, 14 de octubre de 2015

Dinero, por Raymond Carver

Para ser capaz de vivir
del lado correcto de la ley.
Para siempre usar su propio nombre
y número de teléfono. Para pagar la fianza
de una amiga sin importarle
un comino si la amiga se va de la ciudad.
Esperando, de hecho, que lo haga.
Para darle parte de él
a su madre. Y a sus hijos
y a la madre de sus hijos.
No para ahorrar. Él quiere
gastarlo antes de que se acabe.
Comprar ropa con él.
Pagar la renta y los servicios.
Comprar comida, y algo más.
Salir a comer cuando le den ganas.
¡Y está bien
pedir cualquier cosa de la carta!
Comprar drogas si así lo quiere.
Comprar un carro. Si se daña
repararlo. O si no
comprar otro. ¿Ves ese
bote? El podría comprar uno
justo como ese. Y navegarlo
por el Horn, buscando compañía.
Él conoce una chica en Porto Alegre
a quien le gustaría mucho,
que enloquecería al verlo
en su propio bote, las velas desplegadas,
voltear hacia el muelle por ella.
Un tipo que podría darse el lujo
de recorrer todo ese camino
para verla. Simplemente porque
le gusta el sonido
de su risa,
y la manera en que agita su pelo.





Luto, por Raymond Carver

Me levanté temprano esta mañana y desde mi cama
miré a lo lejos a través del estrecho para ver
un pequeño bote moviendose en el agua agitada,
una única luz en movimiento. Recordé
a mi amigo que solía gritar
el nombre de su esposa muerta desde las cimas de las colinas,
alrededor de Perugia. Quien ponía un plato
para ella a su simple mesa mucho después
de que ella se fuera. Y abría las ventanas
para que ella tuviera aire fresco. Tal despliegue
yo encontraba vergonzoso. Y así mismo sus otros
amigos. No podía comprenderlo.
No hasta esta mañana.